Val d’Ornain : une forte mobilisation contre le projet de quai de transfert des déchets près de Chardogne

Val d’Ornain : une forte mobilisation contre le projet de quai de transfert des déchets près de Chardogne.   

 

Près d’une centaine de personnes ont participé, samedi 5 septembre, à une réunion publique d’information consacrée au projet de quai de transfert des déchets envisagé à proximité de Chardogne, sur le territoire de la commune de Val d’Ornain.

La Communauté d’Agglomération Meuse Grand Sud (CAMGS) étudie l’implantation de cette infrastructure sur la zone du Bouchot, un site qui a été retenu parmi cinq emplacements étudiés.

Les déchets de 49 communes concernés

Un quai de transfert est un site intermédiaire permettant de regrouper les déchets collectés par les camions-bennes avant leur rechargement dans des semi-remorques.

Le projet concernerait les ordures ménagères et les déchets recyclables de 49 communes : les 33 communes de la Communauté d’Agglomération Meuse Grand Sud et les 16 communes de la Communauté de communes du Pays de Revigny.

Les déchets ménagers seraient ensuite dirigés vers l’incinérateur de Ludres, tandis que les déchets recyclables prendraient la direction de Chavelot, dans les Vosges.

Nuisances et sécurité routière au cœur des inquiétudes

Lors de la réunion, les habitants ont fait part de nombreuses interrogations et inquiétudes concernant les conséquences d'une telle implantation.

Les opposants évoquent notamment les nuisances sonores, visuelles et olfactives, mais également les impacts environnementaux et l'augmentation de la circulation des poids lourds dans un secteur où la sécurité routière suscite déjà des préoccupations, notamment à proximité du croisement de la briquerie.

Autre sujet régulièrement évoqué : la valeur immobilière des habitations situées à proximité du futur site. Plusieurs habitants s'interrogent sur les conséquences que pourrait avoir la présence d'un centre de transfert des déchets sur la valeur de leur maison.

Chardogne catégoriquement opposée

La position de la municipalité de Chardogne est, elle, sans ambiguïté. Le maire et le conseil municipal ont clairement et catégoriquement indiqué être opposés au projet d'implantation sur la zone du Bouchot.

La municipalité est soutenue par un collectif d'habitants de Chardogne, mais également de Val d'Ornain. Celui-ci envisage désormais la création d'une association afin de poursuivre la mobilisation et de faire entendre la voix des riverains.

À l'issue de la réunion publique, les deux pétitions lancées contre le projet avaient déjà recueilli 125 signatures papier et 175 signatures numériques, soit 300 signatures au total.

Val d'Ornain adopte une position plus prudente

Du côté de la mairie de Val d'Ornain, le ton est pour l'instant beaucoup plus prudent. La commune rappelle que le dossier présenté à ce stade n'est pas définitif et pourrait encore évoluer.

La municipalité précise notamment sur le site internet de la commune avant la réunion: « Le 24 juin dernier, M. Benoît Dejaiffe, 8ᵉ vice-président de la CAMGS en charge de l'énergie, des déchets et de l'environnement, est venu présenter ce préprojet au conseil municipal de Val d'Ornain. Il a indiqué à cette occasion que ce dernier n'était pas définitif et qu'il allait encore évoluer. » Et d'ajouter : « À ce jour, la commune ne dispose pas d'éléments plus avancés. Nous suivrons attentivement l'évolution du dossier et vous tiendrons informés dès lors que nous obtiendrons des informations concrètes. »

Le Maire indique a notre micro à la suite de la réunion qu'il n'est pas favorable a ce projet.

Le projet n'en est donc encore qu'au stade de l'étude et de la faisabilité, mais la mobilisation observée samedi montre déjà que son éventuelle implantation sur la zone du Bouchot suscite une vive opposition locale. Du côté du SDED52 syndicat départemental, d'énergie et des déchets de Haute Marne, qui gère l'actuel centre de Transfert de Saint Dizier, on précise qu'actuellement il y a des déchets qui proviennent de la Copary et de Meuse Grand Sud. Mais l'organisme précise surtout "aucune fermeture de ce site n’est envisagée." Le SDED 52 ajoute que l'organisme "a d’ailleurs récemment investi dans son agrandissement du quai de transfert de Saint-Dizier, afin d’améliorer les conditions de gestion et de transfert des déchets." Le dossier devrait continuer à être suivi de près dans les prochaines semaines par les habitants, les élus et les différentes collectivités concernées.

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