Une cérémonie commémorative s’est tenue dans les jardins de l’ancien hôpital Saint-Charles de Commercy pour marquer le 80ᵉ anniversaire de l’arrivée d’enfants venus d’Allemagne, dont certains étaient issus des Lebensborn, ces structures mises en place par le régime nazi dans le cadre de sa politique raciale. Un hommage empreint d’émotion, marqué par les témoignages des enfants et de leurs descendants, et par un appel à la reconnaissance de leurs souffrances.
Commercy s’est souvenu d’une histoire longtemps restée méconnue. Dans les jardins de l’hôpital Saint-Charles, une cérémonie particulièrement émouvante a rendu hommage aux enfants victimes de l’idéologie nazie, 80 ans après leur arrivée dans la cité meusienne.
Les 5 août et 12 octobre 1946, 66 enfants venus d’Allemagne ont été accueillis à Commercy, avant d’être adoptés par des familles françaises. Parmi eux figuraient des orphelins de guerre, mais aussi des enfants nés dans le cadre du programme Lebensborn, lancé par les nazis pour soutenir leur politique raciale et favoriser les naissances considérées comme conformes à leur idéologie.
Derrière ces parcours se cachent des destins marqués par la guerre, les séparations et une histoire familiale parfois difficile à reconstituer. La cérémonie a notamment été marquée par la présence d’enfants et de descendants des Lebensborn, venus partager des témoignages poignants et rappeler les conséquences humaines de cette politique.
Un travail de mémoire engagé depuis 2019
Depuis 2019, cette page douloureuse de l’histoire de Commercy est progressivement sortie de l’ombre grâce au travail de mémoire mené notamment par Cédric Schwindt et Frédéric Rullier, aux côtés de Valérie Beausert-Leick, présidente de l’association Pour la mémoire des enfants des Lebensborn.
Leur engagement contribue à faire connaître le parcours de ces enfants, à recueillir les témoignages et à transmettre cette histoire aux générations suivantes. La Meuse figure parmi les premiers départements à avoir répondu à l’appel à l’accueil de ces enfants après la guerre, donnant à Commercy une place particulière dans leur histoire.
Faire reconnaître les souffrances de ces enfants
Au-delà de la commémoration, cette cérémonie s’inscrit dans une démarche visant à obtenir une reconnaissance officielle des souffrances endurées par les enfants des Lebensborn. Une proposition de résolution est portée en ce sens avec le soutien des acteurs engagés dans ce travail de mémoire.
La ministre déléguée aux Anciens Combattants et à la Mémoire, Alice Rufo, était représentée lors de la cérémonie par sa conseillère.
Quatre-vingts ans après leur arrivée en France, ces enfants et leurs descendants continuent ainsi de faire entendre leur histoire. À Commercy, cet hommage rappelle que le devoir de mémoire ne consiste pas seulement à commémorer le passé, mais aussi à reconnaître les victimes et à transmettre leur vécu, pour que cette page de l’histoire ne soit pas oubliée.
