06 février 2026 - 56 vues
Manifestation contre la Taverne de Thor : entre revendications et encadrement sécuritaire renforcé
Après un premier rassemblement devant la préfecture de la Meuse fin novembre, les opposants à la présence des Hammerskins dans le département poursuivent leur mobilisation. Le collectif « Fermez-la ! (La Taverne de Thor) » appelle à un nouveau rassemblement le samedi 7 février 2026, avec un départ prévu à Saulx-lès-Champlon à 14 h pour une marche en direction de Combres-sous-les-Côtes, avant un retour par le même itinéraire en fin d’après-midi.
Cette manifestation, officiellement déclarée en préfecture par plusieurs organisations politiques, syndicales et associatives de gauche, devrait réunir entre 400 et 500 personnes, selon les organisateurs. Elle vise à dénoncer la présence, dans la commune de Combres-sous-les-Côtes, de la Taverne de Thor, un ancien hangar privé régulièrement dénoncé comme un lieu de rassemblement de militants néonazis français et européens, notamment lors de tournois de MMA ou d’événements à caractère idéologique.
La contestation autour de ce site remonte à 2015, année de son implantation dans la Meuse après la fermeture administrative d’un local similaire à Toul. Depuis, pétitions, manifestations et prises de position institutionnelles se sont succédé, dont un vote unanime du Conseil départemental en 2024 demandant la fermeture du lieu. Malgré ces démarches, le collectif estime que « rien n’a réellement bougé ».
Le rassemblement organisé devant la préfecture à Bar-le-Duc en novembre 2025 avait permis un échange avec les autorités, sans toutefois apaiser les tensions.
À l’approche de la manifestation du 7 février, le préfet de la Meuse, Xavier Delarue, confirme une attention particulière des services de l’État. « Il y a une suspicion de combats illégaux de MMA. Une plainte au pénal a été déposée et des enquêtes sont en cours », indique-t-il. Outre la manifestation déclarée, les services de sécurité anticipent la venue d’environ une centaine d’individus issus de mouvances radicales, ce qui implique un dispositif conséquent. « Il est hors de question de laisser porter atteinte aux biens », prévient le représentant de l’État.
Dans un communiqué diffusé à l’approche de la manifestation, le préfet de la Meuse rappelle que « la liberté de manifester est un droit fondamental », qui doit cependant s’exercer dans des conditions garantissant la sécurité des personnes, la tranquillité des riverains et la préservation des biens. Une réunion préparatoire, tenue le 3 février, a permis de valider le parcours et les modalités d’organisation du cortège.
Le trajet retenu empruntera la D113 entre Saulx-lès-Champlon et Combres-sous-les-Côtes, avec une fin de manifestation prévue à 18 h. Selon la préfecture, ce parcours offre les garanties nécessaires pour un déroulement pacifique de l’événement et une intervention rapide des forces de l’ordre en cas de tentative de perturbation.
Des mesures administratives renforcées ont également été prises sur plusieurs communes du secteur, du vendredi 6 février au dimanche 8 février, incluant notamment l’interdiction d’artifices, de produits inflammables, d’objets pouvant constituer une arme, ainsi que la consommation d’alcool sur la voie publique. Des contrôles renforcés seront mis en place afin de prévenir tout débordement. Le village de Combres-sous-les-Côtes devrait ainsi être fortement sécurisé, au prix de contraintes importantes pour les habitants. « Le village sera sous cloche, mais il faut que la manifestation principale, qui est légitime, se déroule dans de bonnes conditions », précise le préfet.
De son côté, le collectif « Fermez-la ! » dénonce un dispositif jugé excessif. Lors d’une conférence de presse organisée en visioconférence, comme le relatent nos confrères de l'Est Républicain dans leur colonne, plusieurs de ses représentants ont exprimé leur inquiétude face à ce qu’ils perçoivent comme une criminalisation préventive des antifascistes.
Ils estiment que le dispositif sécuritaire « protège davantage la Taverne de Thor que les manifestants », pointant également les difficultés annoncées en matière de stationnement et les contrôles renforcés, perçus comme intrusifs. Le collectif appelle les autorités à garantir la sécurité de l’événement dans le respect des libertés publiques, sans provocation ni atteinte au droit de manifester.
Le message porté par les organisateurs reste le même : demander la fermeture administrative de la Taverne de Thor, sur le modèle de celle décidée à Toul en 2015, ainsi que l’interdiction du réseau Hammerskins en France, accusé de diffuser une idéologie fondée sur le nazisme, la suprématie blanche, l’antisémitisme et la xénophobie.
La manifestation du 7 février s’annonce ainsi comme un nouvel épisode sensible d’un dossier suivi de près par les autorités, dans un territoire où s’entremêlent enjeux de sécurité, libertés publiques et lutte contre l’extrémisme.
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Photo: Capture Google Maps
